La plupart des Algériens qui s’installent en Espagne le font par regroupement familial, pour étudier ou avec une offre d’emploi, presque toujours via les consulats d’Alger ou d’Oran. Depuis le 9 juillet 2026, l’Algérie applique la Convention Apostille, ce qui simplifie beaucoup la préparation des documents. Voici les voies habituelles et ce qu’il faut savoir avant de partir.
L’essentiel
- Entrée : avec un passeport algérien, il faut un visa même pour un court séjour Schengen. Pour vivre en Espagne, il faut un visa national de résidence avec un motif précis.
- Nationalité : la durée générale est de 10 ans de résidence légale et continue. Lors du serment, vous devez déclarer renoncer à la nationalité algérienne (art. 24 du Code civil) ; son effet en Algérie relève du droit algérien. Le CCSE et le DELE A2 sont exigés.
- Documents : depuis le 9 juillet 2026, l’apostille suffit ; auparavant, il fallait une légalisation par le ministère algérien des Affaires étrangères puis par le consulat d’Espagne. Les documents en arabe ou en français doivent être traduits par un traducteur assermenté.
- Conduite : un accord d’échange existe. Une fois résident, vous pouvez conduire six mois avec votre permis algérien puis l’échanger sans examen pour voiture et moto, si vous l’avez obtenu avant de résider en Espagne.
- Sécurité sociale : il n’existe pas de convention de sécurité sociale entre l’Espagne et l’Algérie : les années cotisées en Algérie ne comptent pas pour une retraite espagnole.
Comment se passe généralement l’installation
- Regroupement familial. Le parent qui réside légalement en Espagne peut faire venir son conjoint, ses enfants et, sous conditions, ses parents, après au moins un an de résidence et une fois le renouvellement obtenu ou demandé. Regroupement familial
- Études. Licence, master ou formation professionnelle (FP) avec une autorisation de séjour pour études, qui permet de travailler jusqu’à 30 heures par semaine. Le temps d’études ne compte pas pour la nationalité. Séjour pour études
- Travail. Offre d’un employeur espagnol, profil hautement qualifié ou carte bleue européenne. L’autorisation est instruite en Espagne, puis vous demandez le visa à votre consulat. Travail salarié
- Arraigo. Si vous vivez déjà en Espagne, après 2 ans de présence continue et sans casier judiciaire, vous pouvez obtenir l’arraigo social, socioprofessionnel ou socioformatif (l’arraigo familial, par exemple pour le parent d’un mineur espagnol, n’exige pas cette durée). La régularisation extraordinaire de 2026 a pris fin le 30 juin 2026. Arraigo
- Famille d’un Espagnol ou d’un citoyen de l’UE. Mariage ou partenariat enregistré avec un citoyen espagnol ou de l’UE, ou enfants et parents à charge. Membre de la famille d’un citoyen espagnol ou de l’UE
Documents et apostille
- Casier judiciaire : l’extrait de casier judiciaire (bulletin n°3) du ministère de la Justice, qui peut être demandé en ligne. Il doit en général être récent, apostillé et traduit par un traducteur assermenté ; ajoutez celui de tout autre pays où vous avez vécu ces 5 dernières années.
- Actes d’état civil : actes de naissance et de mariage et, pour faire venir des enfants, les leurs, récents, apostillés et traduits.
- Apostille : consultez le site du ministère algérien des Affaires étrangères, qui précise quelle autorité la délivre selon le document. Si vous avez des documents légalisés avant le 9 juillet 2026, demandez au consulat s’il les accepte encore.
- Traduction assermentée en espagnol de tout document en arabe ou en français, par un traducteur assermenté agréé.
- Diplômes apostillés, si vous comptez les faire reconnaître ou les utiliser pour un visa d’études ou de travail qualifié.
Points à prévoir
- L’Espagne compte deux consulats généraux en Algérie : Alger, compétent pour la capitale, le centre, l’est et une grande partie du sud, et Oran, compétent pour Oran, Mascara, Sidi Bel Abbès, Tlemcen et Tindouf. Les demandes se déposent sur rendez-vous dans les centres BLS International d’Alger ou d’Oran, selon votre domicile.
- Les rendez-vous sont rares : réservez tôt et méfiez-vous de quiconque vend des rendez-vous ou promet un visa.
- Erreur fréquente : continuer à faire légaliser des documents qui, depuis juillet 2026, n’ont besoin que d’une apostille, ou présenter un casier périmé ou non traduit.
- En Espagne : inscrivez-vous au padrón et, si vous êtes arrivé avec un visa de résidence, demandez la TIE dans le premier mois.
Questions fréquentes
Dois-je encore faire légaliser mes documents algériens ?
Non pour les actes publics apostillés depuis le 9 juillet 2026, date d’entrée en vigueur de la Convention de La Haye pour l’Algérie. L’apostille remplace la double légalisation. La traduction assermentée en espagnol reste nécessaire.
Mes années de cotisation en Algérie comptent-elles en Espagne ?
Non. L’Espagne n’a pas de convention de sécurité sociale avec l’Algérie : les cotisations algériennes ne s’additionnent pas pour une retraite espagnole. Seules comptent les périodes cotisées en Espagne (ou dans des pays liés par une convention).
Puis-je échanger mon permis de conduire algérien ?
Oui. L’Espagne et l’Algérie ont un accord d’échange : pendant les six premiers mois de résidence, vous conduisez avec votre permis algérien, puis vous l’échangez à la DGT sans examen pour voiture et moto, à condition de l’avoir obtenu avant de résider en Espagne.